Cornouailles au coeur ! Un récit de Françoise, professeur de français

Publié le par Marielle Bianchi

COMPTE RENDU SUR LE VOYAGE

EN CORNOUAILLES ET DANS LE DEVON

Du 6 au 12 Juin 2009

Classes de 4°3 et 4°E


La préparation : je n’étais pas préparée à ce voyage (Françoise a remplacé au pied levé une collègue dans l'impossibilité de partir), mes attentes étaient totalement à l’opposé de ce qui s’est passé. Un  premier doute s’éleva dans mon esprit quand au hasard de conversations j’entendis le mot de « randonnées »...  Je ne suis pas sportive et je pense qu’il fallait avoir un bon pied. J’ai toujours fait des voyages scolaires qui se passaient surtout en visites dans des musées, des commentaires devant la porte puis des visites avec questionnaire à remplir.  Je partais avec une idée vague de la région du Devon et de la splendeur des Cornouailles, avec des idées un peu toutes faites sur une Angleterre campagnarde à la Barnaby, douceur aigre-douce et calme pittoresque.

C’est donc très peu préparée que je partis.

Le voyage : Le car me berce et le ferry entraîne doucement vers le pays. On se sent progressivement dépaysé. J’ai aimé me réveiller à Nantes à 4heures du matin devant la gare puis repartir dans le sommeil pour ensuite se retrouver dans un paysage breton. Je ne savais plus si je dormais ou si j’étais éveillée. La difficulté est de ne pouvoir vraiment étendre les jambes, basculer la tête, et on s’accommodait comme on le pouvait : la nuit nous a mis dans un état de fatigue et de détachement.

Ensuite j’ai découvert au fur et à mesure un programme que j’avais lu sur papier mais qui concrètement était très différent. Des paysages à couper le souffle. Le château du roi Arthur tout en étendue, on ne pouvait s’appuyer sur aucun vestige pour se dire : « là était la salle d’armes, là le donjon », mais on pouvait reconstruire en imagination une espèce de vaste forteresse vide construite pour la rumeur : « D’ici Arthur s’adresse aux Celtes,  combattons contre les Saxons ».

 Pique-niquer dans ce carré de pelouse qui était présenté comme un jardin, où peut-être les chevaliers récitaient des poèmes d’amour à leur dame,….était  osé, mais aucun Anglais ne nous a désapprouvés. Est-ce parce que le lieu n’était qu’un beau mensonge ? « nous dirions que là c’était le jardin où chevaliers, dames, roi et reine venaient s’ébattre. Jouons. » Ou est-ce parce qu’ en Cornouailles, le promeneur est libre.

Les lieux visités ont été très divers. Je pense que chacun avait son charme : Minack est une étrange toquade  (pensez, creuser à la petite cuillère un tel monument et reconstituer un théâtre comme une maison de poupée grandiose !) ; Eden Project, autre programme, mettre sous cloche les autres parties du monde, de la fourmi au baobab ; Dartmoor petite prison modèle où l’on passait des châtiments sévères et des instruments de torture au hit-parade des malfaiteurs  les plus tordus et donc les plus admirés. Fous sont les Anglais, mais ils ont fort à faire face à la nature : avec des paysages pareils, il faut se donner des défis.

Le jour le plus calme nous fit faire la rencontre avec l’instigatrice de meurtres raffinés et bien agencés, la spécialiste en poisons, la chère Agatha.

Mais les hommes d’un pays sont aussi intéressants que les monuments :  les pompiers intervenant pour l’accident et se laissant photographier ; le gardien de la prison de Dartmoor, le plus attentionné et le plus délicat des cerbères ; John le guide de la lande, habillé en héros de roman de Jules Verne, suscitant sous nos yeux et nos pieds, des plantes carnivores, des tourbiers et des pierres mystérieuses, nous a fait vivre en deux heures l’égal d’une expédition jusqu’au bout de l’extrême ; Janet à Plymouth ,très sensible, semblable à ces Anglaises  très attachées à la culture franco-anglaise…

Les têtes brûlées aussi : les jeunes sautant des rochers pour le plaisir du danger et nous narguant. Et puis les écoliers  d’Hele’s School, volontairement indifférents ou sournoisement intéressés, et tout à coup fraternisant avec certains après un match où nos garçons ont joué de façon très fair-play. Comme si, pour qu’il y ait rencontre, il fallait du temps et un peu d’affrontement, je dirais plus aucune dérobade et plus aucune hypocrisie.

Les repas et goûters ont connu des temps forts , les scones et les fish and ships.

 

Les rapports entre nous : En peu de temps des rapports chaleureux.

Nous étions comme une famille en voyage avec les enfants, tournés vers la découverte du pays que nous visitions.

 

Ce que j’ai le moins aimé : le retour, car finalement il fallait revenir au quotidien.


 

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